Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

Histoire - Page 10

  • Il y a 208 ans, les Cosaques à Liège !

    03D8EC5D-3D10-4F09-8EAE-0FCAF37F2B16.jpeg

    PAS DE PANIQUE, IL Y A DEUX CENT HUIT ANS Les Cosaques à Liège !

    Tiré du site Internet C’est ça Liège et sa province autrefois. Il y a quelques années, fut découvert une étonnante peinture illustrant Liège en 1814 et cela m’a rappelé cet épisode d’occupation plutôt que de libération de cette année d’entre deux !.

    L'invasion de 1814 s'accompagne de tant de vexations et d'humiliations que la mémoire populaire s'en souvenait encore au début du 20e siècle. Elle fut si pénible que, malgré les horreurs des guerres de l'Empire, elle ne fut jamais ressentie par les Liégeois comme une libération. Jean Brose a raconté cette occupation de Liège par les souverains alliés. Dès la fin de 1813, l'afflux des blessés et des malades annonça la débâcle des armées napoléoniennes. Entassés à l'hôpital militaire de Saint-Laurent, les malheureux y mouraient par centaines. (Suite à la débâcle en Russie suivie de la défaite dela Bataille des Nations à Leipzig en octobre 1813…)

    Le 22 janvier 1814, les Français évacuaient la Chartreuse; des combats se déroulaient à la porte d'Amercœur. A midi, les premiers Cosaques du tsar Alexandre 1er entraient dans Liège. Le bourgmestre Desoer fait appel à la « garde de sûreté formée de l'élite des bourgeois» pour l'aider à maintenir l'ordre. Le général russe Czernicheff n'apprécie pas le ton alarmiste de cette proclamation. Il fait déposer le bourgmestre et ordonne que les armes distribuées soient restituées. Enfin, il engage les braves Liégeois à lui faire confiance. Mais ses propos ne rassurent pas les Liégeois. Un chroniqueur, celui qu'Ulysse Capitaine appelle le « dernier chroniqueur liégeois», Jean-Baptiste Mouhin, décrit avec horreur et complaisance la sauvagerie de ces « ours échappés des forêts du Nord». Ils défoncent les portes des maisons, réclament à boire, terrorisent les femmes. Liège devient ville d'étape pour les troupes russes. Les hôtels sont réquisitionnés pour leurs officiers. Pour plaire à l'occupant, on joue un opéra: L'Officier cosaque.

    Les Cosaques, justement parlons-en, on commence à les avoir assez vus! Ils s'amusent à retrousser les jupes des femmes avec leur lance et à descendre à cheval les escaliers de l'Hôtel de Ville! De vrais barbares! Ceux qui font le plus peur ce sont les tartares bachkir; voici comment Mouhin les décrit:

    « Au premier aspect, je croyais voir des Chinois. Ils ont les yeux extrêmement petits et le visage basané comme des hommes qui auraient vécu sous la terre. Les uns avaient une espèce d'arc en bois et un paquet de flèches pendu à leur côté; les autres avaient un canon de fusil cloué sur une espèce de planche; et tous une lance de 12 ou 14 pieds qui était sûrement leur arme favorite. Ils sont habillés d'une espèce de robe et portent un bonnet pointu comme celui des Chinois ou des saltimbanques». La tradition populaire fit de ces cavaliers tartares de véritables sauvages se nourrissant de soupe, de chandelles et de fourmis.

    Les Russes partis, Liège vécut à l'heure suédoise. Les soldats suédois étaient plus corrects que les Russes mais mangeaient encore plus! La période suédoise ne dura guère et Liège passa sous la tutelle prussienne. Plus de 8000 « Pruchins » logeaient chez l'habitant. Ils étaient plus malcommodes encore que les Cosaques.

    Quand Napoléon revient de l'île d'Elbe, c'est un grand souffle d'espoir. Soldats saxons annexés de force à la Prusse et Liégeois fraternisent à la santé de l'Empereur. Les Saxons révoltés menacèrent même d'envahir l'hôtel où dînait Blücher; on raconte que le maréchal dut quitter précipitamment « L'Aigle noire », et se réfugier chez deux vieilles filles: les demoiselles Demany.

    Le 14 mai 1815, les cloches annoncent la réunion du pays de Liège au royaume des Pays-Bas. Philosophe et sceptique, Mouhin conclut: « Nous voilà régénérés Belges ... serons-nous mieux qu'avec les Prussiens ou les Français?

    Puis à part notre principauté de Liège indépendante jusqu’en 1794 (dont Visé était le seul territoire principautaire en Basse-Meuse, côté rive droite), nos voisins actuels passèrent du régime bourguignon (14e s) aux Habsbourg d’Espagne (16e) puis d’Autriche(18e s) , puis le régime français (dès 1794) et enfin hollandais (1814-1830). Et nous aurions pu retrouver nos chers cosaques à l’automne 1830 matant notre jeune révolution, si au même moment les Polonais ne s’étaient insurgés à Varsovie, provoquant le passage de troupes russes du tsar matant leur jeune espoir d’indépendance. Le musée de Visé a dans ses collections une médaille belge rendant hommage aux Polonais, qui se sont sacrifiés nous ayant permis de consolider pendant ce temps notre indépendance, rendant inutile cette probable « sauvage » intervention.

    J.P.Lensen 3/3/2022

  • REFUGIES, CELA RAPPELLE DANS BEAUCOUP DE FAMILLES CE QUE NOUS AVONS VECU EN AOUT 1914

    95D13606-E4F9-499C-9100-49C9EBF784C5.jpeg

    Depuis ce jeudi 24 février 2022, c’est la consternation . Serait-on revenu à un remake de nos deux guerres « mondiales » ? . L’attaque d’un pays pacifique (L’Ukraine) par son grand voisin (La Russie). On sentait venir cette attaque et la diplomatie ne servit à rien car quand un des deux protagonistes ne veut rien entendre, c’est l’échec sans coup férir. La trêve olympique aurait-elle déplacé la date de l’invasion ? On peut se poser la question ?

    La Belgique en 1914 était un pays neutre, que les grandes puissances (Angleterre, France, Russie, Allemagne, Autriche) depuis le Congrès de Vienne de 1814-1815 puis après notre indépendance en 1830-1831 avaient confirmé. Ce ne fut qu’un bout de papier déchiré dès le franchissement de la frontière avec un premier ultimatum, refusé par l’état belge. Vers la mi-août, un deuxième ultimatum lancé par l’empire germanique (et Guillaume II) au roi Albert fut tout aussi refusé et les massacres de civils se poursuivirent (surtout à ce moment à la fin du mois d’août dans la Province de Namur). Visé en sait quelque chose car la ville fut la première à être martyrisée (6 autres villes le seront par la suite) avec le trio maléfique : tuerie de civils, destruction matérielle et enfin déportation de civils.

    Ici, à ce jour (samedi, 3e jour de l’offensive en Ukraine, de la guerre et non de l’opération spéciale comme le dit le tyran russe), on assiste à un nombre énorme de réfugiés, tournés vers les pays voisins, la plupart membres de l’Otan (Pologne, Slovaquie, Hongrie, Roumanie) et un petit pays, la Moldavie. En 1914, c’est un autre pays neutre, les Pays-Bas qui accueillit nos concitoyens.

    Les moyens armés sont bien entendu très différents et beaucoup plus meurtriers. Le contexte aussi : pas de déclarations de guerre mais des élucubrations : la Russie ne risquait pas d’être envahie par l’Ukraine comme la neutre Belgique ne menaçait pas l’intégrité allemande ! Les gens censés et un tout petit peu raisonnables sont sidérés : l’Ukraine provoquerait un génocide ( ?) dans les deux républiques sécessionistes, et a un gouvernement composé de Nazis et de drogués !. Les arguments sont fallacieux mais comme l’a écrit, avec raison, Anne Morelli dans son petit opuscule « Principes élémentaires de propagande de guerre » édité en 2001. L’adversaire doit être diabolisé, ironisé, réduit à rien. Et souvent si pas toujours, ces arguments servent surtout à assurer et à pacifier l’opposition intérieure, qui pourrait contrer ce va-t-en guerre brutal et paranoïaque !.

    N'a-t-on pas rassuré l’opposition allemande en août 1914 en leur faisant part des horreurs causées par les soldats belges et les soi-disant francs-tireurs : mains coupées, blessé allemands non soignés…..

    Quant aux réfugiés, peut-être ferons-nous comme nos voisins hollandais qui nous ouvrirent la porte de leurs maisons à l’été 1914 et ce pour plus de 4 ans. Il y a quelques années, la ville de Visé fut sollicitée, comme la plupart des communes belges, par le niveau fédéral pour accueillir des migrants (surtout venus du Proche-Orient et d’Afrique subsaharienne, suite aux différents conflits en cours) et des locaux furent envisagés : l’ancienne gendarmerie avenue Albert 1er (actuellement toujours inoccupée) et des locaux à Lixhe. Mais le nombre de migrants à ce moment diminua fortement et les options communales furent abandonnées par le niveau fédéral. Wait and see ! Mais je me rappelle à ce moment l’immense solidarité qu’eurent de nombreux Visétois pour aménager ces locaux vides.

    J-P Lensen

  • Ce 6 mars, premier dimanche du mois, le Musée de Visé vous présente "Les curiosités Gallo-romaines de notre région.

    7206A1D4-DC69-4FCE-9C6F-8C133DCFE538_1_201_a.jpeg

    D’abord vous signaler le nouvel horaire du musée régional, alors que la pandémie ralentit ; désormais le musée a largement augmenté ses heures d’ouverture : du lundi au vendredi de 9h.30 à 12 h. et de 13 h.30 à 17 h., ainsi que le samedi et le premier dimanche du mois de 14 h. à 17 h.

    L’animation de février se tenait à la Collégiale de Visé avec la visite commentée du trésor d’art religieux.

    Pour le dimanche 6 mars 2022, le musée sera donc ouvert dès 14 h. et à 15 h. une visite commentée et interactive sur les découvertes gallo-romaines faites dans la région et à Visé.

    Avec les documents présents dans la salle archéologique, l’animateur du moment Jean-Pierre Lensen mettra en avant l’importance de l’urbanisme à l’époque , qui se retrouve dans beaucoup de nos rues actuelles, les documents étonnants trouvés dans l’habitat gallo-romain fouillé depuis un siècle montrent que l’agglomération comprenait de l’habitat, une chaussée romaine, un temple ( ?) l’exploitation des richesses du sous-sol et des cimetières aux environs. Les réserves regorgent encore de nombreux documents qui pourraient être étudiées, plus spécifiquement par des spécialistes dans les prochains mois. On se rappellera que John Knaepen, aidé par le conservateur de l’époque, Jean Massin ont fait des découvertes archéologiques en 1960 sur le site de l’ancien Athénée, actuel centre culturel.

    L’époque gallo-romaine, dans nos régions, a véritablement façonné notre mode de vie et plusieurs éléments vous seront démontrés…….

    Participation libre et même possibilité de se documenter avec un panel de publications dont l’une ou l’autre pour le public scolaire et la jeunesse. Pas nécessaire de s’inscrire. Tout le monde est le bienvenu dont particulièrement les familles (dès l’âge de 6 ans). Bienvenue à vous

    Adresse pour ceux qui ne le connaîtraient pas : rue du Collège, 31 au premier étage.

    Jean-Pierre Lensen pour la SRAHVR

  • 17 FEVRIER, UN ANNIVERSAIRE DOULOUREUX POUR NOTRE PAYS : LE ROI CHEVALIER RETROUVE MORT AU PIED DES ROCHERS DE MARCHE-LES-DAME

    0606AD32-674C-4A2B-A53E-737B0C98FDA4.jpeg

    Nos 7 souverains belges ont eu pour la plupart, des passions sportives : alpinisme, moto,… On sait que le 3e roi des Belges aimait s’isoler et pratiquer parfois à l’étranger sa passion de l’alpinisme.

    Oui, ce grand homme réservé aimait , sans protocole, aller rencontrer ses concitoyens. C’est ainsi que la veille de l’Ascension 1919, le mercredi 28 mai, avec son chauffeur, il se rendit, sans crier gare à Visé. Pourquoi spécialement ? Pour voir comment s’effectuait la reconstruction de la première ville martyre de la Grande Guerre 1914-1918. A-t-il pu appuyer auprès des services compétents la demande des sinistrés visétois complètement désappointés ? C’est probable car l’Office des Régions Dévastées qui allait booster cette reconstruction fit de Visé une ville nouvelle (avec ses impétrants, ses rues larges et régulières…..). Et de mettre en avant les célèbres et très attendus baraquements du Roi Albert.

    Il vint encore à Lixhe inaugurer le monument de la Guerre puis voir l’avancement des travaux du canal qui portait son nom (inauguré seulement en 1939).

    Et ce fut le lundi 19 février 1934 dans le journal que les Belges découvrirent le drame qui endeuillait la famille royale, les privant de celui que les médias anglais dénommèrent, durant la guerre, le roi Chevalier. Nous donnerons ici un extrait d’un discours que fit au roi, lors de sa visite inopinée à Visé, la jeune demoiselle Leroy, élève de l’Institut Saint-Hadelin. Plein d’exaltation patriotique comme vous le constaterez.

    « Nous ferons ce que vous ferez, Sire /…. ;Nous irons où vous irez / Nous irons à Gand, à Anvers et à Termonde/ Nous délivrerons Aarschot et Louvain (autres villes martyres)/ Nous purgerons le pays de la race immonde/ qui l’opprime en vain / Nous vous rendrons Liège, nous vous rendrons Bruxelles/ Nous repasserons la Meuse à Visé/ Ensuite nous verrons les tours d’Aix-la-Chapelle/ se dresser dans le ciel purifié/ et nous entendrons un beau matin/ les cuivres et les cymbales saluer votre entrée triomphale/ sous les tilleuls à Berlin/ …………………… Roi d’ honneur et de la parole donnée/ Roi des 100 prairies et des 20 clochers/ Orgueil de la patrie, champion de l’Humanité/ (sic)

    La mémoire de ce roi (règne de 1909-1934) se retrouve dans toutes nos villes : une avenue Albert 1er à Visé, une place à Lanaye, une rue à Oupeye…… et ce monument où tous les cortèges patriotiques s’arrêtent au départ de l’avenue des Combattants avec un bas-relief du Roi-Chevalier accroché à un rocher tout un symbole.

    La section locale de la fédération nationale des Combattants n’oublie jamais chaque 17 février de lui rendre hommage.

    J.P.Lensen

  • CONFÉRENCE : TENTATIVES D’IMPLANTATIONS FASCISTES A VISÉ DANS LES ANNÉES 1930 

    463E4405-3BCF-4678-84EB-84D3A7CA6821.jpeg

    La Société Royale Archéo-Historique de Visé et de sa région (SRAHVR) reprend le cycle de ses conférences consacrées à l’histoire et au patrimoine de notre région.

    Lors de la première conférence de l’année, Claude Fluchard abordera à cette occasion un sujet méconnu, sinon encore tabou pour certains. En premier lieu, il va s’efforcer de définir le fascisme, d’en retracer les origines ainsi que sa diffusion dans les principaux pays européens. Et la Belgique ne fut pas épargnée ! Ni même Visé. Le narrateur, après de multiples recherches, va pouvoir mettre en exergue trois épisodes mémorables de tentatives d’implantations fascistes dans notre ville, durant cette période : 1) Il y eut tout d’abord la « bataille de Visé » le 15 avril 1934, selon l’expression consacrée par le professeur Francis Balace. Elle se déroule dans les locaux de la Renaissance qui vont être complètement dévastés, suite à un affrontement violent entre la milice de la « Légion nationale » et les « Jeunes Gardes Socialistes ». 2) Deux ans plus tard, un autre mouvement, le rexisme, nettement plus populaire, organisait un meeting rue de Mons, le 23 mai, veille des élections législatives. Selon « Le Pays Réel », organe du nouveau parti Rex, créé par Léon Degrelle, 4000 spectateurs assistèrent à cette manifestation qui se déroula dans le calme. 3) Enfin, en octobre 1938, les élections communales voyaient l’apparition d’une liste rexiste, menée par Joseph Houbiers. Elle ne remportait qu’un succès mitigé  - un seul élu en tête de liste -  mais allait permettre à ce parti de diffuser sa propagande nauséabonde dans notre petite ville. Joseph Houbiers deviendra même bourgmestre, de mars 1942 au 12 septembre 1944, par la grâce des autorités allemandes. Pourquoi évoquer en 2022 ce passé trouble fait de violences et d’affrontements verbaux et autres ? Un siècle après la prise de pouvoir de Mussolini, l’hydre fasciste n’est pas mort et on le voit resurgir dans divers pays d’Europe, réactivé par les réseaux sociaux et les nouveaux moyens de communication. Cette conférence se veut une mise en garde et un sujet de réflexion, dans une société où certaines valeurs de liberté sont remises en question par les tenants de ce courant populiste.  Cette conférence se tiendra le mercredi 23 février à 20h00 dans la grande salle des Tréteaux, rue de la Chinstrée.  Infos et réservations au 04 374 85 63 ou 0492 16 66 89 ou par mail à info@mahvi.be. 

    Pour la SRAHVR,  

    Marylène Zecchinon, conservatrice